Sauvetage

Publié le par Manus

J'ai sauvé une vie*. Ben faites pas cette tête. Ca arrive.

C'était une très belle journée. Le soleil brillait haut dans le ciel (d'vait être midi qu'qu'chose). Le vent soufflait d'une légère brise faisant virevolter mes cheveux comme s'il dansait dedans. Les champs jaunes, roses, bleus (oui, bleus... maudits OGM...) ondulaient au rythme d'une musique qu'eux seuls pouvaient entendre. Une dizaine d'oiseaux prirent leur envol PAN!!!... euh, neuf oiseaux prirent leur envol vers l'horizon... Les quelques nuages charriés par le vent formaient de magnifiques arabesques argentées. Les cris des mourants, les tôles acérées des carcasses de voitures déchiquetées, le sang qui coulait sur l'asphalte chaud (on aurait pu faire du boudin) étaient saisissants de contraste. C'était merveilleux.

Un accident venait de se produire sous mes yeux (enfin façon de parler, c'était un peu plus loin). Les secours n'étaient pas encore arrivés. Les gens affolés, pleuraient, criaient ou prenaient des photos. Personne n'était capable de gérer cette situation. Je pris les choses en main.

"Boucler le périmètre! Mettez vous derrière la barrière de sécurité, il y a déjà bien assez de blessés comme ça... Grands dieux... appelez nine one one, enfin le 15 bordel (note pour plus tard: arrêter de regarder "urgences" en VO), y a t'il des blessés?"

Les gens, qui enfin, comprenaient qu'un "leader" (prononcez "lideuw") étant présent parmi eux, exécutaient toutes les tâches citées plus haut.

"Monsieur! Monsieur! Il y a un homme blessé là-bas!!"
"Et celui là?" demandais-je, en pointant un homme désarticulé gisant au sol.
"Il a été éjecté de sa voiture, monsieur, il s'est brisé la nuque... Je crois qu'il est mort sur le coup..."
Je scrutais mon interlocuteur afin de savoir s'il avait dit ça le plus sérieusement du monde, ou alors, il a un sacré sens de l'humour....
Bref, je me dirigeais donc vers l'autre "homme-blessé-là-bas".

Une femme criait. "Il est mort! Ô mon dieu, c'est affreux il est mort! Il respirait encore il y a deux minutes, et maintenant, il est tout bleu et il est mort" Super le diagnostic...
Je la giflais, un peu pour la ramener à la raison, beaucoup par plaisir (oui, je suis misogyne mais ce sera le sujet d'un autre blog)
"Tais toi, femme! T'es médecin? Non? Alors tu la boucles!"
Bon, il s'avère que l'homme était tout bleu, qu'il ne respirait plus et, petit détail qu'elle avait omis de préciser, il lui manquait tout le bas du corps... à partir de la tête...

Blessé suivant, il ne respire plus non plus.
"Laissez moi faire, je vais pratiquer une trachéotomie. Compresses stériles, gants stériles, drain, stylo!" aboyais-je.
On me tendit un stylo. "C'est tout ce qu'on a."
Amateurs.
"Ne regardez pas, ça va pas être joli". Vous, par contre, amis lecteurs, continuez de lire, je vous épargnerai les détails.
Je pris le stylo à deux mains et levai les bras vers le ciel. Sans hésitation, j'enfonçai le stylo d'un coup vif dans la trachée. Le sang gicla par gerbes.
Je venais de toucher la carotide. Ben faites pas cette tête. Ca arrive.

J'entendis la sirène annonçant l'arrivée des secours et la fin de mon quart d'heure de gloire. Tel un fantôme, je quittais la scène du désastre, laissant ces hommes en uniforme tirer profit de ce que j'avais accompli. Récolter la gloire à ma place. De toute façon, j'ai mon blog.

En rentrant, je racontais tout à Valo. "Tu es un héros"
"Pas la peine de citer l'évidence, Valo"
"Pardon mon amour"
"Je te pardonne"
"Faisons l'amour"
"Hum... ouais ok, j'ai 3 minutes devant moi..."


*Oui, ben j'ai menti!
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
E
mdrrr j'adore. C'est trop bien écrit et très marrant. Je rigole à chaque article.
Répondre
B
pas mal. Ca me fait penser à Dr House cet humour pince-sans-rire ;)
Répondre